Article épinglé ‘E951’

Aspartam : que faut-il en penser ?

Vendredi, septembre 2nd, 2011 par Did

L’aspartam est un édulcorant utilisé dans de nombreux produits alimentaires et dans certains médicaments. Il est utilisé pour son pouvoir sucrant 200 fois plus important que celui du sucre, tout en étant deux fois moins calorique. Il a été découvert par hasard en 1965 par un laboratoire américain qui recherchait à l’époque à élaborer un nouveau traitement contre l’ulcère de l’estomac . Mis sur le marché en 1981, il porte le nom de code E951.

Or, depuis tout ce temps, on ne sait toujours pas quel est réellement l’impact de cette molécule sur la santé. D’un coté, l’industrie qui dit qu’il n’y a pas de danger ; de l’autre, de nombreux chercheurs qui affirment que l’aspartam serait impliqué dans certains cancers, accouchements prématurés, ou encore prise de poids, ce qui serait un comble pour un produit que l’on trouve en veux-tu en voilà dans les aliments  »light ».

Qui croire ? Le problème, c’est que l’on manque de données claires pour tirer un bilan définitif de l’impact de l’aspartam sur la santé. Des centaines d’études ont conclu que l’aspartam était inoffensif. Pourtant, leur crédibilité est douteuse, car ces études ont toutes été – au moins en partie – financées par les producteurs eux-même. Et l’on sait d’expérience que lorsqu’il y a de l’argent en jeu, l’honnêteté ne prime pas toujours.

A l’inverse, des études réalisées de manière indépendante apportent des conclusions différentes. Ainsi, un laboratoire italien qui étudie l’aspartam depuis 2005 indique qu’il y aurait un lien entre une consommation régulière et l’apparition de cancers. Auparavant, dès les années 80, des études montraient que l’aspartam pouvait provoquer certains problèmes neurologiques tels que des maux de tête. En 1996, un lien entre consommation d’aspartam et tumeurs cérébrales était rapporté dans une étude américaine. Plus récemment, en 2010, un laboratoire danois a montré un lien entre la consommation de boissons « sans sucre » et le risque d’accouchement prématuré. Enfin, des travaux ont également montré que les édulcorants artificiels en général seraient susceptibles de favoriser la prise de poids (!).

Au vu de ce qui précède, on peut alors se demander comment il se fait que l’aspartam soit encore commercialisé. Les raisons sont multiples : d’une part, on l’a dit, certaines études indiquent que tout va bien. Ensuite, on n’arrive pas à savoir par quel mécanisme l’aspartam pourrait se révéler toxique dans notre organisme. Enfin, les résultats de la plupart des études montrant un danger potentiel n’ont pas été confirmés par d’autres équipes de chercheurs. Or, afin d’arriver à une vraie conclusion, il faudrait que plusieurs études croisées, dans différents pays et par différentes équipes, démontrent un lien entre l’aspartam et telle ou telle pathologie. Ce n’est pour l’heure pas le cas. Autrement dit, on soupçonne l’aspartam de créer des problèmes, mais on n’en est pas sûr. Pas suffisamment, en tous cas, pour que les agences de santé décident de le retirer du commerce.

L’espoir demeure cependant d’y voir un peu plus clair bientôt : une réévaluation complète des effets de l’aspartam sur l’organisme devrait démarrer ces prochains temps. En attendant, par simple principe de précaution, mieux vaudrait l’éviter. C’est d’ailleurs la recommandation  du magasine « Bon à Savoir » que vous pouvez trouver ici :  http://www.bonasavoir.ch/codes.php?keyword=951

Bonne fin de semaine

Did