Faut-il éviter la vitamine C le soir ?

septembre 23rd, 2016 par Did

Contrairement à une croyance très répandue, la réponse est non. La vitamine C ne provoque pas de troubles du sommeil. Cela pourrait même être l’inverse si l’on en croit une étude publiée en 2013 sur l’impact des habitudes alimentaires sur le sommeil. Il en ressort que les personnes consommant le moins de vitamine C ont également le sommeil le moins réparateur. Il n’est donc pas interdit de manger des fruits riches en cette vitamine comme l’orange ou le kiwi avant d’aller se coucher. Cela rejoint ce qui avait été écrit dans le billet du 14 décembre 2012 sur le kiwi et ses vertus bénéfiques pour le sommeil.

Bonne fin de semaine

Did

L’effet Antabus

septembre 16th, 2016 par Did

Lorsqu’on absorbe de l’alcool, que devient-il dans notre organisme ? Eh bien, comme la plupart de ce que nous ingérons, il est transformé et éliminé. La transformation, que l’on appelle « métabolisation », est une étape nécessaire. Elle est effectuée par des molécules appelées « enzymes » qui rendent le produit d’origine plus facilement éliminable. Dans le cas de l’alcool que l’on boit – et qui n’est autre que de l’éthanol – la transformation se fait en deux étapes. L’éthanol est transformé en acétaldéhyde qui lui-même est dégradé en acide acétique. Cette dernière dégradation se fait avec le concours d’une enzyme répondant au nom barbare d’aldéhyde déshydrogénase.

Laissons de côté tout ce jargon et venons-en à ce qui nous intéresse. Dans le traitement de la dépendance à l’alcool, on utilise un médicament appelé Antabus. Son principe actif, le disulfiram, agit en bloquant l’activité de l’enzyme qui transforme l’acétaldéhyde en acide acétique. Résultat, si vous prenez un comprimé d’Antabus et que vous buvez un verre d’alcool juste après, vous allez vous sentir très mal car vous ne serez plus capable de dégrader l’acétaldéhyde qui s’accumule en vous. Symptômes : rougissement de la peau, vomissements, troubles respiratoires, accélération de la fréquence cardiaque…Si les quantités d’alcool absorbées sont très importantes, le sujet peut même tomber dans le coma. Autant dire qu’une prise journalière d’Antabus a de quoi dissuader les consommateurs les plus accros. L’avantage, c’est que quand on prend son comprimé d’Antabus, on sait ce qui nous attend si on enfreint la règle.

Cependant, ce qu’on sait moins, c’est que d’autres médicaments n’ayant rien à voir avec l’Antabus peuvent provoquer également un effet similaire à ce dernier. Le principal à connaître, car utilisé assez fréquemment, c’est le métronidazole (Flagyl). Cet antibiotique et antiparasitaire présente la particularité d’interagir avec le processus de dégradation de l’alcool, comme le fait l’Antabus. Par conséquent, la prise d’alcool avec le Flagyl est strictement prohibée, au risque de se retrouver aux prises avec les symptômes décrits plus haut.

Bonne fin de semaine

Did

La maladie de Crohn

septembre 9th, 2016 par Did

La maladie de Crohn touche le système digestif. C’est une maladie inflammatoire chronique dont les causes ne sont pas à ce jour exactement déterminées. Ce que l’on sait, c’est qu’elle est provoquée avant tout par une réaction auto-immune, c’est-à-dire que le système immunitaire se retourne contre son hôte. Des facteurs environnementaux et génétiques sont aussi mis en cause, puisque dans certaines régions du monde et sous l’effet de certains gênes, le risque de développer la maladie est accru.

La maladie de Crohn peut apparaître à n’importe quel âge, mais est diagnostiquée le plus souvent chez l’adolescent et le jeune adulte. Elle peut toucher toutes les parties du système digestif, y compris la bouche. Cependant, elle se manifeste le plus fréquemment au niveau de l’intestin. L’évolution de la maladie se fait par poussées, c’est-à-dire de manière intermittente. L’intensité des symptôme peut varier assez fortement d’une personne à l’autre. On retrouve en général des troubles gastro-intestinaux tels que diarrhées, fièvre et douleurs gastriques. Dans les cas graves , l’inflammation chronique peut provoque un épaississement de la paroi du tube digestif avec pour conséquence une obstruction des voies digestives. Hémorragies, vomissements, ulcérations…Lorsque le patient ne répond pas suffisamment aux traitements médicamenteux, l’opération peut s’avérer indispensable. On va retirer chirurgicalement la partie abîmée de l’intestin et il faudra parfois procéder à une stomie, c’est-à-dire l’évacuation des selles dans une poche ventrale à changer régulièrement. On le voit, la maladie de Crohn peut être assez invasive. Heureusement, il n’est pas toujours nécessaire d’en arriver là. Les médicaments peuvent suffire à stabiliser la maladie, à défaut de la guérir complètement. Les anti-inflammatoires sont évidemment très utilisés. On pense notamment à la mésalazine (Salofalk) ainsi qu’aux glucocorticoïdes. Ces médicaments ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, surtout lorsqu’ils sont pris à doses importantes. Cependant, il est possible dans la majorité des cas d’avoir une bonne qualité de vie avec la maladie lorsque celle-ci est stabilisée. A ce titre, l’hygiène de vie est importante. Eviter le tabac et essayer de préserver une activité physique régulière permettront probablement de prolonger les périodes de rémission, c’est-à-dire les moments où la maladie se fait discrète. Dans le même but, une bonne alimentation sera importante. Bien qu’il n’y ait aucun lien avéré entre alimentation et maladie, le risque de carence en vitamines ou sels minéraux est réel lors des phases de poussées car à cause des douleurs, le patient n’ose plus manger. D’autre part, les troubles comme la diarrhée participent à une élimination accrue de nutriments. C’est un aspect auquel il faudra être attentif.

Pour en savoir plus, voici le lien vers le site de l’association suisse de la maladie de Crohn : http://www.smccv.ch/fr/

Bonne fin de semaine

Did

Médicaments en ligne : le tribunal fédéral a tranché

septembre 2nd, 2016 par Did

En 2014, le Tribunal administratif de Thurgovie avait validé le principe de vente par correspondance de médicaments non soumis à une ordonnance tels que par exemple le paracétamol, l’ibuprofène, la codéine ou encore des décongestionnants pour le nez. Sur la base d’un simple questionnaire à remplir en ligne, de tels médicaments pouvaient vous être envoyés. Or, ces molécules – souvent banalisées à tort – peuvent s’avérer dangereuses si mal utilisées. Leur utilisation nécessite au minimum un court entretien avec votre pharmacien afin d’exclure le maximum de risques et s’assurer que le traitement est adéquat.

Ainsi, suite à un recours de Swissmedic et de PharmaSuisse contre cette autorisation, le Tribunal Fédéral a tranché. Désormais, ces médicaments en vente libre mais nécessitant un conseil ou un entretien avec le patient, ne pourront plus être délivrés par correspondance, sauf sur présentation d’une ordonnance médicale. Car rappelons-le, le médicament n’est pas un produit de consommation ordinaire. Les conséquences d’une mauvaise utilisation peuvent parfois être catastrophiques. Il existe donc un filtre permettant de s’assurer que le médicament sera bien utilisé. Ce filtre, c’est la pharmacie dans laquelle vous vous rendez depuis de nombreuses années et où l’on connait votre dossier et vos traitements par cœur. Evaluer au mieux la pertinence d’un traitement ne peut se faire que par une interaction étroite avec le patient. Juger d’un cas par téléphone ou au travers d’un écran est pour ainsi dire impossible. Trop de paramètres entrent en jeu. En ce sens, tout professionnel soucieux de la santé de ses patients ne peut que se réjouir de cette décision.

Bonne fin de semaine

Did

Bactéries multirésistantes : on tient peut-être un moyen de les combattre

août 26th, 2016 par Did

Un bactériophage...

L’utilisation abusive et surtout à mauvais escient des antibiotiques ces dernières décennies pose un vrai problème de santé publique. De plus en plus de souches bactériennes deviennent insensibles aux traitements. L’une d’entre elles, particulièrement inquiétante, est une souche du genre Escherichia coli. Elle est responsable d’infections urinaires, de pneumonies et de septicémies qu’il devient très difficile, voire impossible de traiter par les antibiotiques. Cette souche, devenue multirésistante par notre faute, ne répond plus aux traitements. Or, des équipes de chercheurs ont peut-être trouvé la parade sous la forme d’un…virus. En effet, ce virus est bactériophage, c’est-à-dire qu’il infecte la bactérie et la détruit. Plus précisément, celui-ci s’attaque spécifiquement à des colonies d’E.coli multirésistantes, sans pour autant infecter les cellules humaines. Testé chez des souris, le bactériophage a permis de réduire la charge bactérienne d’un facteur de 40 à 1000 fois. A ce stade, les chercheurs espèrent pouvoir commencer des essais cliniques sur l’homme rapidement afin de voir si il serait possible d’obtenir la guérison des patients. A défaut, ils espèrent au moins éviter une dissémination de la souche multirésistante à l’échelle mondiale.

Les antibiotiques sont un outil merveilleux. Ils ont changé la face du monde. Faisons un effort de mémoire et souvenons-nous qu’au moyen-âge, la pandémie de peste noire a décimé en quelques années près de la moitié de la population européenne. A l’heure des grands échanges internationaux, insistons encore une fois sur l’absolue nécessité d’utiliser les antibiotiques avec parcimonie et uniquement en cas de nécessité. Ce n’est qu’une question de bon sens.

Bonne fin de semaine

Did